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  1. Comment faire ?/

Préparation / co-construction

Pourquoi préparer ? #

Parce que réfléchir chez soi, c’est plus facile qu’en arrivant au parking ou quand on est en route ! Préparer, ce n’est pas une option. C’est dans son salon qu’on prend les meilleures décisions, parce que ce sont alors des choix.

Il est clair que sur la neige, il y aura pour moi un après (…). Que les choix en amont seront encore plus restrictifs afin de réduire le risque (…) Plus que jamais, le choix de la course, avant même de partir de la maison, me paraît bien plus déterminant que l’analyse sur le terrain.
— Lionel Tassan, après son accident de janvier 20261

A la maison, on peut décider de ne pas sortir, d’aller ailleurs, de contourner tous les dangers ou d’affronter un risque… C’est le temps des choix. On décide du niveau de risque qu’on accepte de prendre. Une fois sur place, c’est compliqué de prendre les bonnes décisions (et même de décider tout court !). Et renoncer sur le terrain, c’est toujours plus difficile.

A la maison, c’est aussi le meilleur moment pour exprimer ses doutes et suivre ses intuitions.

Comment préparer la sortie ? 🤔 #

La préparation commence la veille dans le salon ! On fait ça avec un outil collaboratif en ligne : on a déjà fait ça avec WhatsApp, mais les échanges restent chronologiques, sans regroupement par thème. Récemment, on a fait ça avec un document partagé. On regroupe des questions, des infos, des doutes etc par thème. On ajoute des cartes, des copies d’écran et pas mal de texte !!

Document de préparation
Document partagé accessible à tous

Pour les sorties club, la participation est recommandée mais pas obligatoire : chacun fait avec le temps dont il dispose et selon sa motivation. On reste souple, mais l’idée est quand même de participer “au moins un tout petit peu” car la préparation en commun crée l’engagement. C’est le but numéro 1 : tous co-pilotes et personne en mode “passager”. Même une contribution minime améliore la qualité de la sortie du lendemain.

La préparation se fait dans un mode “asynchrone” : pas besoin d’être disponible tous ensemble pendant un créneau précis. On peut poser une question ou apporter une info, puis revenir une heure plus tard pour continuer. La plage horaire globale est souvent entre 16h (sortie du BERA) et 20h.

Et on se resservira du même document pour le débriefing . Au final, on garde un journal de la sortie.

Co-construction #

On réfléchit au groupe lui même et à l’objectif : tous en forme ? des doutes ? la course est-elle bien adaptée ? biais détectés ?… On peut changer de destination selon le groupe et/ou les conditions. C’est encore l’heure des choix. Lors de quelques sorties, on a même choisi notre course tous ensemble !

On co-construit l’itinéraire, on imagine les modes de vigilance et les passages critiques, on explicite les risques (dangers, conséquences) on crée des alternatives (en faire plus, en faire moins, replis…), etc

On utilise les outils techniques que les participants connaissent (outils carto, BERA, Cristal, DCMR, EvalBERA, Skitourenguru…) mais sans imposer d’outillage minimum. Les “débutants en nivologie” peuvent participer. On peut aussi apprendre de nouveaux outils.

Quels outils utiliser ? Voir Quelques outils !!!! Lien à mettre à jour !!!!!

Préparer ce qui peut l’être, mais aussi se préparer… #

Un peu comme le fait le sportif la veille d’une compétition, il faut visualiser, c’est à dire simuler mentalement ce qu’on va vivre (conditions, risques, prises de décision, perturbations…) La visualisation, ce n’est pas la prédiction de ce qui va se passer. Ce qu’on prévoit ou ce qu’on imagine est souvent très idéal (itinéraire, passages critiques…). Mais c’est très difficile d’imaginer les perturbations : erreurs, fatigues, conditions pires que prévues, manque de visibilité, retard…

On ne va pas imaginer tous ça, bien sûr ! Mais en visualisant, on s’entraîne à l’imprévu. On peut par exemple imaginer une ou 2 perturbations et la manière dont on devrait réagir (surtout avant une sortie longue ou par conditions “tendues”). La bonne “préparation mentale” ne cherche pas à éliminer l’incertitude ou les risques, mais à rendre les comportement les plus justes possible quand les perturbations apparaissent.

On entraîne son intuition et sa capacité à “improviser” 2. Au final, on prépare une course, mais surtout on se prépare à vivre et à partager ensemble l’aventure d’une sortie en montagne.


  1. Description de son accident du 19/01/2026 par L.Tassan : Trente secondes ↩︎

  2. C’est ce que propose Yann Borgnet : en préparation, on ne cherche pas à tout planifier, mais plutôt à improviser. On se prépare à vivre l’imprévu. Voir son article dans Montagne Magazine 5 principes pour improviser en ski de randonnée ↩︎


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