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  1. Comment faire ?/

Pendant la course / tous co-pilotes

Des vigilances actives et collectives #

Sur le terrain, on communique sur ses ressentis, on questionne : comment ça va ? je commence à être très fatigué ! est-ce qu’on est toujours dans l’horaire prévu ? …

On partage ce qu’on voit, on partage ses doutes… (et c’est plus facile quand on a rappelé le droit au doute). Le doute est souvent déjà une perception informelle de quelque chose ou un début de décision.

On observe, et c’est sûrement ce qu’il y a de plus compliqué ! les “capteurs et les antennes” sont ouverts. Qu’est ce qu’on voit ? météo, fatigue d’un copain, signaux “neige”… Il ne faut pas rater les signaux faibles. Tout le monde participe à l’observation (tous co-pilotes 😉). Et les débutants ont un rôle important à jouer : on ne leur demande pas d’être “expert en nivologie” mais simplement efficace en observation.

Pourquoi c’est compliqué d’observer ? parce qu’on discute intensément avec les copains, ou bien on avance le nez dans ses spatules en pensant à plein de choses… mais il faut régulièrement se reconnecter au terrain, à la neige et aux équipiers du jour pour percevoir les changements. Garder cette “connexion” pour avoir conscience, c’est peut être au final ce qu’il y a de plus difficile (voir 👁️‍🗨️ Conscience de la situation et modes cognitifs ). La préparation de la course en imaginant les modes de vigilance (détendu, méfiant, alerté) facilite en partie la reconnexion sur les “événements” liés aux changements.

Le plus grand risque n’est pas de prendre une mauvaise décision, c’est d’oublier qu’il y a une décision à prendre. L’accident de montagne n’est que très rarement le résultat d’une “mauvaise décision” face à un danger identifié ; il est presque toujours le résultat d’une non-décision face à un danger non-perçu.

Perturbations, décisions & validations collectives… À chaque arrêt prévu (”Stop, Think & Go”, par exemple avant un passage critique), lors de la perception de nouveaux signaux, lors de la détection d’une perturbation… on en discute et on valide ! Tout le monde est toujours OK pour la suite ? On active le plan B ? On renonce ? On décide d’un changement d’itinéraire ? Comment on gère une erreur ?

Le leader/encadrant garde un rôle de facilitateur et d’arbitre : conduite de la réflexion et des prises de décision, arbitrages, rappel des règles et des mesures à prendre…

Prévoir, c’est facile …parce qu’on l’a fait la veille en préparation.

Observer, c’est difficile, parce qu’on “déconnecte” souvent, ce qui conduit à oublier qu’il y a des décisions à prendre.

Détecter et gérer les perturbations, c’est compliqué aussi ! La fatigue d’un copain, une petite erreur d’itinéraire, une fixation qui casse… on s’en rend vite compte, mais il faut “traiter” la perturbations comme un changement de conditions : on s’arrête, on en discute, on décide de la suite.

Sinon, on consacre son “attention” à résoudre le problème, à observer son évolution, et on perd sa “lucidité” pour observer le reste : le terrain, les conditions… Voir aussi 👁️‍🗨️ Conscience de la situation et modes cognitifs

La préparation “mentale” et la visualisation aident à gérer les imprévus et à détecter les perturbations. A l’image du 3x3 qui nous invite à “explorer” le groupe, le terrain et les conditions neige, on peut chercher à explorer les perturbations.

Expérimentations / rotation des rôles Selon les conditions, chacun peut s’essayer à la trace, à la montée comme à la descente. L’encadrant n’est pas un guide touristique “toujours devant”, il facilite les changements de rôles. Pour chacun, c’est en expérimentant qu’on développe le “sens” de l’itinéraire, de la neige… (on développe son intuition).


Échanges & Remarques