Conscience de la situation et modes cognitifs
Sommaire
Ca, c’est pour les curieux. On peut s’en passer pour faire du ski de rando. Mais ça explique plein de choses, et ça fait partie des “fondements théoriques” du Faire ensemble.
Conscience de la situation #
En gestion des risques, la Conscience de la situation (ou conscience situationnelle - situation awareness) est une base importante pour la compréhension de “l’erreur humaine” et de la prise de décision. C’est utilisé dans beaucoup de domaines : santé, aviation, contrôle des transports… qui ont cherché à tendre vers le “zéro” accident.
Dans beaucoup de cas d’erreurs ou d’accidents, on se rend compte qu’on a mal décidé (ou souvent rien décidé du tout) parce qu’on n’avait capté aucun signal, rien observé, ou qu’on n’avait mal attribué un sens à une observation.
La conscience de la situation, ce n’est pas juste “regarder autour de soi”, c’est un processus cognitif en trois étapes (formalisé par M.Endsley) : perception des éléments de l’environnement, compréhension de la situation, projection de l’état futur.
La 1ère étape de perception et d’observation jouent un rôle fondamental : je vois que la neige a changé, que le terrain n’est plus le même, que le copain est loin derrière, fatigué… Et c’est le dialogue et la formalisation des choses qui créent (facilement) la compréhension. La non-décision arrive quand on échoue au 1er niveau, celui de la perception : on n’a pas “vu” le signal et on n’a mis en route aucun processus particulier…
Le fameux “tunnel cognitif”, qui altère la perception, peut être dû à une perturbation, une surcharge mentale ou physique (effort ou froid intense, itinéraire compliqué à suivre…) qui diminue la lucidité, une discussion passionnante avec les copains 😉, des traces (effet de halo : on se repose sur les observations de ceux qui sont passés avant…), l’obstination (l’objectif est si fort… gomme les autres signaux), etc
C’est en instaurant des micro-briefings en cours de route : lors des pauses régulières, début de descente, perception d’une perturbation, doute… qu’on évite d’entrer dans un tunnel !
Modes cognitifs #
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On a bien compris quel était l’outil indispensable pour la prise de décision. Même l’ANENA nous le rappelle, ça doit être vrai 😉
Plus concrètement, en montagne hivernale (et pas que), ça donne quoi ?
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Les biais et perturbations affectent notre mode automatique. Le simple fait de prendre conscience, d’observer activement, de faire des mini-pauses, etc fait passer en mode adaptatif. Faire une pause “micro-briefing” en cours de route, par exemple, permet de dialoguer, de questionner les observables, d’utiliser un outil pour analyser la situation, etc. Sinon, c’est l’intuition qui gouverne, le “pilote automatique” avec toutes les sources d’erreur possible. L’intuition est efficace pour alarmer mais la réflexion est très souvent nécessaire pour valider une décision.
Ce sont les règles, les rituels et la “bascule” entre les 2 modes qui “entraînent” le mode automatique. Le débriefing constitue une 2ème boucle de feed-back qui contribue aussi à l’entraînement de l’intuition.
En bonus, une présentation au top de Seb Escande (ANENA) sur les facteurs humains et sur les modes cognitifs.
https://www.youtube.com/watch?v=Xq6vJL5vdFY
Une part d’intuition, une part de réflexion… Une perception consciente de ce qui se passe… On est pas tous pareil ! Quels sont vos modes de fonctionnement ?